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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 12:21

Remise du prix CBPT 2012 à Metin ARDITI pour

 « Le Turquetto »

 à l’espace Rangueil (12ème), le Mardi 15 Mai 2012.

 

Marion Morel, bibliothécaire et responsable pour Paris, a d’abord félicité Martin Arditi : les bibliothécaires du réseau (1840 se sont exprimés) ont placé « LeTurquetto » largement  en tête de ses trois concurrents (dans l’ordre : « Le héron de Guernica » d’Antoine Choplin, « Les villes de la plaine » de Diane Meur et « Et rester vivant » de Jean-Philippe Blondel).

Eric Fottorino, lauréat du prix CBPT 2001 pour « Un territoire fragile », a d’abord tenu à rendre hommage à ce prix de bibliothécaires, « pour tous », bel exemple de « démocratie participative », qui a représenté un précieux encouragement dans  sa carrière d’écrivain. Il ne doute pas qu’il soit de bon augure pour Metin Arditi et s’en réjouit.

Interviewé conjointement par Marion Morel et Eric Fottorino, Metin Arditi a pu éclairer pour nous son œuvre et d’abord le parcours de son héros : orphelin de mère dès sa naissance à Constantinople en 1519, petit, laid, élevé dans un milieu misérable, celui de juifs d’origine espagnole, Elie Soriano sera  cependant vigoureux et surtout d’une grande  force morale qui lui permettra de mener sa vie et sa carrière sans tenir compte du regard des autres, uniquement en fonction de ses propres aspirations. Ce taiseux exprime son profond amour des autres par la peinture, sa passion et sa raison de vivre. Par son art il révèle la vérité des êtres et leur rend leur dignité. Il est mal vu parce que les portraits, jugés blasphématoires, sont interdits par le judaïsme comme par la religion musulmane. Il traverse les trois grandes religions sans croire à aucune  et en prenant à chacune ce qu’elle a de plus beau : à la religion juive la rigueur de son enseignement, à la religion musulmane le raffinement, la précision et la sensualité de sa calligraphie, à la religion orthodoxe la spiritualité de ses icônes. Plus tard, à Venise où il fuit, il parvient au faîte de la gloire en se consacrant corps et âme à son art qui le dépasse et l’empêche de mener une vie bourgeoise ordinaire. Il change de nom, non pas pour renier ses origines, mais pour pouvoir s’adonner à son art sans problème. Avec la belle Rachel, il noue un dialogue charnel qui le rapproche de sa mère car elle parle l’espagnol. Quand il peint la Cène comme une fête juive, tout en remplissant les objectifs qui lui ont été assignés (rester fidèle aux sources du christianisme et glorifier Venise), il règle ses comptes avec ceux qui ont tué sa bien-aimée en raison de sa judéité, il veut les atteindre en les obligeant à regarder en face une réalité qui les dérange. Il se représente lui-même en Judas parce qu’il est fatigué de mentir, découragé, et prêt à se faire arrêter. D’ailleurs, en prison, il n’a pas envie de fuir comme le lui propose le nonce Gondolfi, il n’a plus le goût de vivre. Il renaît en retournant à Constantinople : là, en fatiguant son corps par le travail harassant de porte-faix, il retrouve un équilibre, se libère de toutes les lourdeurs, de sa passion pour Rachel comme de sa passion de la peinture, et atteint un état de suprême dépouillement.

Metin Arditi précise qu’il n’est pas mieux placé que ses lecteurs pour parler d’Elie : il a cherché  à le comprendre, il a couru après une ombre ; à ses yeux, tout personnage échappe à son créateur dans la mesure où il charrie bien des composantes inconscientes.

 Le cadre du roman, c’est Constantinople, avec ses communautés religieuses vues à travers les petits métiers, et Venise, avec son élite bien moins attachante, caractérisée par ses luttes de pouvoir, sa vie dépravée et son hypocrisie. Elie, qui a vécu et vaincu tous les obstacles pour gagner la paix intérieure, retrouve l’essentiel grâce à son intelligence, sa sensibilité et sa générosité : le sens du message originel des religions, oblitéré par  toutes les règles dont elles ont fini par s’encombrer. Au fond, l’art et la religion relèvent de la même démarche qui consiste à nous élever au-dessus de nous-mêmes, à prendre du recul pour nous comprendre mieux, ressentir de l’empathie pour les autres et prendre conscience de tout ce que nous partageons avec tous nos frères humains.

Avec son « Turquetto » (intitulé initialement « Le christ de Constantinople »), Metin Arditi a voulu écrire, non pas un roman historique, mais un roman moderne qui nous parle de l’identité dans ce qu’elle a de plus profond et de plus authentique, de la cohabitation de communautés diverses et de la nécessité de la tolérance mutuelle.                                                                                                                      

Par CBPT 84 - Publié dans : PRIX CBPT - Communauté : L'ESPERLUETTE
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 23:12

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Biographie : 
Takuji Ichikawa, né en 1962, est diplômé de l'Université de Dokyo.

 Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller

         « Un jour, Mio a fait une promesse à son mari : elle reviendra à la saison des pluies. C'était avant de mourir d'une longue maladie. Depuis, Takumi élève seul leur fils de six ans, Yûji. Entre le bureau, la maison, l'éducation du petit garçon, ce névrosé survit grâce au souvenir de son épouse - et à sa promesse. Il imagine une planète, quelque part dans l'Univers, où les défunts mènent une vie paisible : la planète Archive. Quand surgit la première pluie de l'année, un jour de juin, au retour d'une promenade en forêt, Mio réapparaît. Drapée d'un cardigan rose cerisier. Et amnésique. »

Avons pris ce livre par curiosité et alléchées  par la bande annonçant « plus de 3.000.000 de lecteurs japonais ». J’ai lu avec plaisir un livre qui à priori n’avait rien pour me plaire : une love story, un gentil couple sans rien de remarquable que la mort sépare et en plus  une revenante ! Et pourtant c’est un livre délicat, plein de poésie et de charme et de fantaisie. On est ailleurs et heureux de ce moment de lecture apaisant et tonifiant

 

Marie-Claude L.
Par CBPT 84 - Publié dans : Actualité littéraire, Adulte - Communauté : L'ESPERLUETTE
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 23:05

Image and video hosting by TinyPic Brigitte Benkemoun est née à Oran dans une famille juive pied-noir. Comme des milliers de rapatriés elle est rentrée en France en juillet 1962. Elle avait 3 ans. D'un naturel optimiste ses parents se sont rapidement tournés vers l'avenir. Ah bien sûr il y a les repas de famille avec la grand- mère, les oncles les tantes où l'on parle de l'Algérie, des uns des autres, des commerces, des rues, mais on reste toujours dans l'anecdotique. Et puis la jeune adolescente qu'est Brigitte ne veut rien entendre de ce passé, cela ne l’intéresse pas, elle ne veut pas être assimilée à ces gens qui ont un accent épouvantable et sont toujours mal aimés de la population française. C’est pour elle l'indifférence jusqu'en 2002, date à laquelle elle tombe sur une photo de rapatriés arrivant dans le port de Marseille: sur la passerelle une petite fille serrant une poupée dans ses bras. Brigitte Benkemoun est submergée par le chagrin : et si elle était la petite fille sur la photo ?

C’est le début d’une enquête journalistique et personnelle. L’auteur va chercher à rencontrer via internet et face book ceux et celles qui, un peu plus âgés qu’elles, ont des souvenirs. Elle constitue une mosaïque de témoignages : enfants d’anciens colons, de harkis, de proches de l’OAS ou du FLN, témoignages de celle qui a 10 ans perdit un bras dans un attentat et de jeunes algériens

On a là le visage d’une génération dont on parle peu - car on ne parle plus beaucoup de cette époque dramatique – une génération qui s’est construite sur des non-dits.

« La petite fille sur la photo » est un livre très personnel, tendre, sensible, attachant et drôle Arriver à parler de cette période douloureuse avec autant de délicatesse et d’objectivité est une vraie réussite L’auteur est journaliste de la presse écrite et télévisée

 

Marie- Claude L.

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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 10:18

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Vous aspirez à découvrir une œuvre singulière, propre à vous emporter bien loin dans le temps et dans l’espace, écrite dans une langue épurée et musicale,  et porteuse d’une véritable vision ? Alors lisez « Quand reviennent les âmes errantes » : cet ouvrage à la fois court et profond tient du conte des mille et une nuits, de la tragédie grecque, du récit historique, de l’épopée fondatrice  et de la fable philosophique…

 

Trois personnages hors du commun et un chœur, au fil de cinq actes, y font alterner leur voix pour nous relater leur histoire pleine d’horreurs et de douleurs, mais aussi de douceur et de ferveur. Nous sommes en Chine, dans la seconde moitié du IIIème siècle avant notre ère. Le redresseur de torts Jink Ko et le musicien Gao Jian-li  sont  éblouis par la lumineuse Chun-niang sans que leur commune  passion  altère jamais leur amitié, tant les sentiments qu’ils partagent sont nobles et purs. Mais tous deux, après avoir trouvé l’épanouissement dans la félicité d’un amour sublime, trouvent la mort au terme d’atroces supplices. Car l’un puis l’autre échouent dans leur tentative pour mettre définitivement hors d’état de nuire le cruel et tyrannique Zheng qui, poussé par une  ambition dévorante, se taille un vaste empire à coups de guerres et d’annexions.

Chun-niang  leur survit et, les nuits de pleine lune,  renoue le dialogue avec  ces êtres  qu’elle a aimés, qui l’ont aimée et qu’une indéfectible fraternité a soudés pour l’éternité. Le livre s’achève sur un poème lyrique et mystique où se confondent les trois voix de ces belles âmes que rien, absolument rien, même la mort, ne peut séparer.

 

François Cheng vit en France depuis 1949. Universitaire, essayiste, poète, calligraphe, traducteur en chinois des plus grands poètes de notre littérature, auteur de nombreux livres dont « Le Dit de Tianyi » (prix Femina), « L’Éternité n’est pas de trop » ou « Cinq méditations sur la beauté », il a été élu à l’Académie française en 2002.

Avec « Quand reviennent les âmes errantes », œuvre poétique et universelle, François Cheng, cet écrivain rare, transcende et réunit la sagesse orientale et la culture occidentale pour nous transmettre un merveilleux message et  se faire, une nouvelle fois et avec talent, le chantre de  l’élévation spirituelle.

 

Angèle L.
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 19:29

Image and video hosting by TinyPic En 1966, Katey et son mari Val visitent une exposition de photos. L’une d’elles attire particulièrement leur attention. Katey y reconnaît Tinker Grey et la voici replongée dans ses souvenirs des années 1937-38. Katey est fille d’émigrés russes arrivés à New-York. Elle a de l’ambition à revendre. D’abord dactylo elle partage une chambre avec Eve, une blonde de l’Indiana. New-York allait être à leurs pieds !... Mais elles ne savaient pas que leur vie allait basculer à partir de leur rencontre avec Tinker dans un de ces clubs de jazz où l’on boit des Martini Dry jusqu’au petit matin. Tinker, quelle allure avec son smoking et son manteau de cachemire ! Le trio ne se quitte plus jusqu’au jour de l’accident de voiture où Eve est défigurée. Tinker en est responsable et installe Eva dans un luxueux appartement à Manhattan. Katey est persuadée qu’il est amoureux d’elle et qu’il s’occupe d’Eva par culpabilité. Que c’était chouette Manhattan à cette époque. Le trio savait que le miracle ne durerait pas, qu’ils se perdraient de vue, que les fêtes (et quelles fêtes !) appartiendraient au passé. Mais aucun d’eux n’oubliera ces quelques mois, cette époque où les cocktails avaient plus de goût, la musique était meilleure. Lorsque Tinker ne donne plus de nouvelles, Eve part pour la Californie. Katey intègre la haute société, sa carrière prend son envol lorsqu’elle participe à la création du magazine « Gotham ». Mais elle comprendra vite que les apparences sont souvent trompeuses.

 

L’auteur nous entraîne à toute vitesse, avec une fausse naïveté, évoquant le souvenir d’une société disparue, des illusions broyées. Magnifique premier roman hommage vibrant au New-York des années 1930 « où l’improbable devenait probable, l’incertain certain et l’impossible possible ». Ici on fume et on boit plus que de raison. Les hommes sont plus fragiles qu’il n’y paraît et les femmes décident enfin de leur avenir. Superbe, époustouflant. On est bien triste de refermer le livre au mot fin.

 

Ghislaine de R.

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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 19:05

Image and video hosting by TinyPic En espagnol on appelle les madrilènes « els gatos » : les chats. Le titre littéral serait : Bataille de Madrilènes … Un vrai bonheur de lecture. Le style, l’ironie, l’intrigue, des situations rocambolesques, le tout archi documenté sur cette période trouble juste avant la guerre civile. Nous sommes en 1936. Notre héros (ou anti-héros) Anthony Whitelands, anglais, la trentaine, expert en peinture espagnole, (et désirant mettre fin à sa liaison avec une femme mariée), accepte de se rendre à Madrid pour estimer la collection d’un duc espagnol. Le duc a deux fils mais aussi 2 filles Paquita et Lilli … qui voudraient bien faire tourner la tête d’Anthony. Mais c’est une autre histoire !... Dans la cave de la belle demeure, Anthony découvre (où on lui fait découvrir) une toile inconnue : un nu qu’il attribue aussitôt à Velasquez (et pourtant ce dernier n’a pas peint de nu !). A lui, Anthony, la gloire de cette découverte … mais il va se retrouver au centre d’un imbroglio rocambolesque et le jouet d’hommes politiques (il rencontrera Franco qu’il trouvera bien falot !...), de la police et des services secrets espagnols, anglais et russes. Plus Paquita et Lili qui sont amoureuses … ainsi que le Tonino jeune puritain rencontré par hasard). La question que tous se posent : le duc prétend vouloir vendre la toile pour mettre sa famille à l‘abri de la guerre civile qui se profile, où au contraire pour permettre aux phalangistes et à leur chef José Antonio Primo de Rivera (amoureux de Paquita) d’acheter des armes ?...

Il y a longtemps que je ne m’étais autant amusée et instruite dans un livre. C’est à la fois un roman historique, un roman policier, un roman d’amour, une chronique sociale d’une guerre annoncée et peut-être aussi un vaudeville. Eblouissant !

Ghislaine de R.

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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 18:59

Image and video hosting by TinyPic Jocelyne devient mercière à Arras. Mariée à Jocelyn, deux enfants qui ne demeurent plus près d’eux, elle mène une vie banale, mais assez heureuse. Elle partage aussi d’agréables moments avec ses deux amies coiffeuses. Pour s’occuper, elle crée un blog « dixdoigtsdor » sur lequel elle explique comment coudre, tricoter. Elle va être ainsi reliée à un millier de personnes. Un jour, avec ses amies, elle joue au loto et … gagne. Un psychologue l’informe de tous les dangers qui la menacent face à sa nouvelle fortune … Elle n’encaisse pas le chèque tout de suite et … Ecriture un peu espiègle, réaliste, désabusée sur notre vie actuelle et sur toutes nos envies. J’ai bien aimé.

Christiane DELALANDE

 

Ces 18 millions d’euros sont bien encombrants pour Jocelyne, car ils remettent en question la vie tranquille qu’elle s’était forgée, dont elle s’accommodait au prix de quelques mensonges envers elle-même. L’auteur, masculin, sait dépeindre avec justesse et sensibilité les gammes des sentiments féminins et nous fait réfléchir sur les notions de besoins et d’envie, sur la place de l’argent dans notre société et le sens de notre existence. Un livre sympathique qui cache sous des apparences légères et humoristiques beaucoup de gravité.

Bernadette CORBALAN

 

Après avoir établi la liste de ses besoins, puis la liste de ses envies et celle de ses folies, Jocelyne se demande si les 18 millions d’euros qu’elle vient de gagner ne risquent pas de lui faire perdre beaucoup : sa petite vie tranquille entre son mari (même imparfait), ses enfants (qu’elle ne comprend pas toujours), sa mercerie (qui lui rapporte de quoi avoir une vie plus agréable), son blg … Elle ne parvient pas à prendre la décision d’encaisser le chèque. Joli conte philosophique plein d’humour, de tendresse. Très agréable et facile à lire.

Fabienne LAURAIN

 

Ou « l’argent ne fait pas le bonheur ». Roman qui aborde dans un style simple et distrayant les principaux thèmes de la vie : amour, amitié, bonheur, argent. Très agréable à lire.

Andrée STEINER

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 12:22

Image and video hosting by TinyPic Un roman dérangeant, angoissant, éprouvant, à lire sans préjugés. Il nous parle d’un fait de société terrible : les délinquants sexuels, ces marginaux exclus de l’Amérique.

Le héros, Kid, est peu sympathique mais attachant : 21 ans, petit, malingre, venant de passer 3 mois en prison. Il porte, pour 10 ans, un bracelet électronique. Il a été condamné pour pédophilie et n’a pas droit de vivre à moins de 500 m d’une école ou d’un lieu de rassemblement de jeunes. A Miami c’est impossible. C’est pour cela que lui et les autres n’ont qu’une possibilité : squatter sous le viaduc (on imagine vite les conditions de vie et d’hygiène). Le seul ami de Kid est un iguane que sa mère lui a donné pour ses 11 ans. Cette mère ne lui accordait que le gite, mais pas d’amour, elle ne s’occupait que de ses amants. Kid découvre internet et, un peu par hasard, les sites pornos… il devient addict… pris au piège il va tomber comme délinquant sexuel alors qu’il est toujours vierge ! C’est pour cela qu’il a rejoint les autres sous le viaduc, là ou règne une hiérarchie tacite en fonction des fautes commises. Il n’a pas d’autre choix, il vivote comme il peut avec tous ces individus qui ne sont que des surnoms : le Grec, Paco, Rabit, le Véreux. Kid est un naïf immature qui ne sait pas bien faire la différence entre le rêve et la réalité. Un jour il rencontre un homme énorme, professeur de sociologie à l’université, passionné par le sort de ces sans abri délinquants sexuels. Il traîne lui aussi bien des secrets, est persuadé que le Kid peut l’aider dans son enquête. D’abord méfiant, le Kid finira par se laisser approcher. Leur addiction à internet et leur mal être les rapproche. A grand renfort d’énigmes et de bakchich le professeur amène Kid a sortir de la coquille de ses préjugés. Beaucoup d’autres évènements se greffent sur cette histoire. Le Kid finira par comprendre le sens de sa punition et sera prêt à faire des projets pour dans … 10 ans !

 

A l’ère d’internet, à travers la pornographie et la pédophilie, l’auteur met à jour les peurs d’une nation face à ses déviants. En épinglant les dérives d’une législation draconienne il montre comment, en alimentant le fantasme du risque zéro, une société contraint à l’exil intérieur ceux qu’elle veut surveiller et punir. Le livre peu déranger. Il n’y a cependant pas de détails choquants, juste une réalité insupportable, criante de vérité et qui nous oblige à réfléchir sur le comportement de nos sociétés, le danger d’internet, le regard que l’on porte sur les autres et que l’on classe si vite dans une catégorie…

L’auteur lance un cri d’alarme : que vont devenir les jeunes dans cette société ?

 

Ghislaine de R.

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 12:19

Image and video hosting by TinyPic Deux livres en un, d’un réalisme noir, font un thriller haletant et le portrait déchirant d’un homme en quête de justice et de rédemption. Cet homme c’est l’inspecteur Franck Parriod. Il est solitaire, difficile à vivre, divorcé, et a bien du mal dans ses relations avec sa fille. Il est rongé par la solitude, l’alcool, la violence et de douloureux secrets. Mais surtout il est le fils d’un flic d’élite qui, avec d’autres, a nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Ce père a été assassiné et est devenu un héros. Mais, pour Franck, son père n’était qu’un pourri. On confie à Franck une enquête sur la mort d’une adolescente, a priori une affaire banale. Franck, aidé de son adjoint, est persuadé que cette jeune fille est la victime d’un tueur en séries. Ils essayent de remonter la piste, ce qu’ils découvrent est terrifiant. Au péril de sa vie il trouvera le criminel. En même temps, il rencontre un psychothérapeute qui l’oblige à se pencher sur l’histoire de son père et à découvrir que derrière la vérité apparente peut s’en cacher une autre, et que toute vérité n’est pas bonne à dire.

 

Une fois de plus l’auteur s’attaque, comme dans les précédents romans, au mythe de la police de New-York, et c’est une réussite.

 

Ghislaine de R.

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 12:15

Image and video hosting by TinyPic Un couple à l’épreuve du feu ou comment la guerre peut faire vaciller les certitudes d’un officier anglais et tanguer son couple. Hal et Clara : lui est officier droit dans ses bottes. Il a juré fidélité à l’armée et à sa femme Clara. Ils s’aiment. Dans les années 1950 ils sont mutés à Chypre, île sous gouvernance britannique et en guerre. Hal est parti en premier. Quand Clara et ses jumelles de 2 ans débarquent à Limassol, l’état d’urgence vient d’être déclaré, des attentats indépendantistes ont lieu régulièrement. Les militaires sont sur les dents et la population courbe l’échine. Nous passons sans arrêt de la torpeur de la vie de garnison vécue par les femmes d’officier (on s’y croirait) à la violence des actes guerriers expérimentés avec une tension croissante par les soldats. L’auteur décrit avec précision les batailles livrées alentour mais aussi les tumultes intérieurs qui minent peu à peu le couple Hal et Clara. Malgré sa peur, Clara ne doit pas être un poids pour son mari qu’elle voit s’éloigner d’elle. L’ennemi du couple se niche dans cette guerre qui n’a rien de noble. Aux attentats succèdent des séances de torture et, dans le maquis, des arrestations arbitraires. Clara nous émeut. Hal, corseté dans son uniforme est parfois ébranlé mais il faudra que le destin frappe sa famille pour qu’il se pose des questions.

Où se situe le devoir quand tout s’écroule autour de soi ? Les illusions volent en éclats, les certitudes vacillent puis les sentiments donnent enfin toute leur mesure. Un livre passionnant, très bien écrit, soutenu par une solide documentation et une puissante charge émotionnelle.

 

Ghislaine de R.

Par CBPT 84 - Publié dans : Actualité littéraire, Adulte - Communauté : L'ESPERLUETTE
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