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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:16

En 1918, dans un hôpital militaire français, un jeune officier se réveille amnésique après avoir subi un violent choc dans les tranchées. Seule certitude : il parle français, allemand et russe. Les services secrets français voient en lui l’espion idéal. Ils vont l’utiliser en lui donnant l’identité d’un soldat allemand porté disparu et en l’infiltrant dans l’armée allemande. A travers les prenantes aventures de ce Charles alias Gustav, défile devant le lecteur la Grande Histoire. L’auteur dépeint parfaitement le climat délétère des années de l’après-guerre : le gouvernement français (Clémenceau) imposant par le traité de Versailles des conditions de paix inacceptables pour l’Allemagne qui, humiliée, ne va songer qu’à la revanche, la montée d’un nationalisme exacerbé, l’avènement du bolchevisme. La France, l’Allemagne sont à l’image de Charles : sans identité, sans repères, tentant de surnager dans un monde chaotique et violent. Un roman d’aventures et d’espionnage, très bien conduit, porté par une réflexion philosophique sur l’absurdité de la guerre, la violence des peuples, la bêtise humaine. Livre excellent !

Bernadette

 

Très bien !

Bruna

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:08

 

Hélène Merle-Béral, médecin, professeur d’hématologie et spécialiste des leucémies, s’est intéressée aux Prix Nobel et à ceux décernés aux femmes ; le résultat est navrant : depuis sa création en 1901, 46 femmes l’ont reçu contre 814 hommes, soit un peu plus de 5% ! Le fossé s’accentue dans les disciplines scientifiques, puisque sur 583 nobélisés, il n’y a que 17 femmes, soit un peu moins de 3% !! La plus connue et la 1ère est Marie Curie, qui en a reçu deux, un de physique, puis un de chimie. Hélène Merle-Béral nous raconte la vie de ces femmes exceptionnelles qui ont en commun une curiosité intellectuelle incroyable. Elles ont dû faire face à la grande misogynie du milieu scientifique et ont souvent travaillé pour un maigre salaire, voire bénévolement. L’auteure explique les travaux qui ont mené au Prix Nobel.        Laurence

L'auteure de ces témoignages scientifiques a été frappée par cette injustice qui, au début du 20ème siècle, confinait les femmes à la maison, à l’ombre des hommes. On leur interdisait même de travailler dans le même laboratoire que leur mari, sinon en position subalterne ou sans recevoir de salaire. Et pourtant, Marie Curie a découvert la radioactivité avec son mari et la radiographie qui a permis de mieux opérer les blessés de la guerre de 14. Françoise Barré Sinoussi a réussi à identifier le virus du sida avec Luc Montagnier. Youyou-Tu a trouvé le traitement du paludisme … Hélène Merle-Béral raconte avec émotion la vie personnelle et professionnelle de ces héroïnes remarquables et s’attache à nous les faire connaître. Des enquêtes pas toujours faciles à suivre, mais très intéressantes.      Claudine

Ces histoires de femmes passionnées devraient intéresser toutes les féministes … La partie « sciences » parfois trop détaillée peut se lire en diagonale.   Anne-Marie

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:01

Dans la Silicon Valley, un inspecteur bourru, partisan des anciennes méthodes, Frank Logan, est chargé de retrouver un programme d’intelligence artificielle qui a disparu d’une salle hermétiquement close et isolée. Ce programme, ADA, a été conçu au sein de la société Turing Corp, dirigée par un jeune entrepreneur qui ne rêve que d’argent et de pouvoir et par un scientifique qui prône le développement des I.A. pour remplacer l’homme dans toutes les tâches possibles en maximisant les profits de l’entreprise. Chargée d’écrire un roman sentimental « à l’eau de rose » qui doit se vendre à au moins 100 000 exemplaires, ADA s’acquitte rapidement de sa tâche et se fixe un autre objectif … Les contacts entre Frank Logan et ADA donnent lieu à un échange de vues sur notre société, sur les relations du couple (Frank est marié à une Française, professeur de Lettres) … Original, bien écrit et accessible à tous, ce roman met en lumière les dangers des développements actuels de l’Intelligence Artificielle et des recherches actuellement menées par des sociétés phares des USA qui ne semblent avoir comme objectif que de maximiser les profits de leurs dirigeants sans se soucier des retombées économiques, sociales, ou tout simplement humaines.

Jean-Marc

 

Deux pistes de réflexion dans ce très bon livre :

- l’Intelligence Artificielle, à nos portes, avec le trans humanisme dont on parle beaucoup qui pourrait menacer l’espèce humaine. C’est effrayant !

- la création littéraire. Quel est le rôle de l’écrivain ? Doit-il réveiller les consciences, ou, au contraire, les endormir ? Violente critique des romans à « l’eau de rose » ! De plus, un humour corrosif qui m’a ravie ! Pour un large public : certes pour ceux qui sont intéressés par les nanotechnologies, mais aussi pour les amateurs de thriller et d’humour.

Bernadette

 

J'ai bien aimé le début de ce livre que je compte bien finir.

Mireille

 

Au cours du roman, l’Intelligence Artificielle prend les commandes, l’occasion de s’interroger sur le pouvoir des nouvelles technologies. Livre agréable, un thème nouveau, roman mené comme une enquête policière.

Madeleine

 

Livre original, très intéressant.

Bruna

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 15:34

Selon la tradition tsigane, on ne doit pas laisser de traces. Or, Alexandre ROMANES dans ce livre parsème son récit de petits cailloux qui nous entraînent dans le labyrinthe de sa vie. Il nous fait comprendre son besoin de ne pas oublier d’où il vient, ne pas oublier les rencontres qui ont créé des liens indestructibles et l’ont fait avancer dans ses choix. Ecriture simple, chapitres courts mais intenses, j’ai bien aimé son originalité et sa « vérité » … « Je suis sûr que les mots ont plus de force que la musique ».

Jane

 

Bon témoignage sur les gitans.

Denise

 

Emotion, sensibilité et poésie dans ces anecdotes qui évoquent la vie de l’auteur, le monde du cirque et des tziganes. J’ai bien aimé.

Fabienne

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 18:27

L’Archipel d’une autre vie                 Andréï MAKINE

Aux confins de la Sibérie, le narrateur se souvient : jeune homme, il fit la connaissance de Pavel, un homme hors du commun, qui lui raconta une bien étrange aventure.

En 1952, Pavel, jeune soldat réserviste, est chargé, avec quatre autres militaires, de capturer un prisonnier qui s’est échappé d’un camp de rééducation stalinien. Mais ce qui ne devait être qu’une mission ordinaire, devient une expédition périlleuse, semée de multiples embûches. Qui est donc ce fugitif  mystérieux, aux mille ruses, insaisissable, qui joue avec les nerfs de ses poursuivants ? L’existence de Pavel sera bouleversée par son identité.

Cette chasse à l’homme à travers la taïga prend une dimension philosophique : elle sert de prétexte pour nous faire réfléchir sur le sens de la vie, sur les notions de Bien et de Mal, sur la nature de l’homme.  Pavel acquis à l’idéologie communiste, peu à peu va se dépouiller de «ce pantin de chiffon» qui lui instille la peur, la lâcheté, l’obéissance aveugle, l’égoïsme, «le poussant à haïr, à mentir, à tuer». Il constate amèrement que l’homme «cet alliage bestial et tribal» veut sans cesse jouer un rôle dans «la bouffonnerie du monde». La véritable personnalité de ses compagnons se révèle aussi lors de cette poursuite infernale. L’auteur excelle à fouiller l’âme humaine.

Pourtant, l’espoir d’un monde meilleur, bienveillant et juste, persiste en Pavel : il doit exister un «archipel» où « une autre vie » devient possible (cf. «La Possibilité d’une île» de Houellebecq). 

C’est aussi une peinture au vitriol de l’ère stalinienne, «une époque atroce et imprévisible ».

Il ne faut pas oublier l’immensité magnifique, effrayante, mythique, de la taïga qui joue un rôle essentiel dans le récit.

Un roman d’aventures, aux accents épiques, à l’écriture élégante et puissante, infiniment maîtrisée, dont la tension va crescendo, qui nous tient en haleine jusqu’au bout. 

A la lecture de ce livre, on ne peut évidemment pas s’empêcher de penser à nos temps troublés. Un livre rempli d’humanité que j’ai beaucoup aimé. 

Voici des extraits qui illustrent mon analyse :

 Sur «le pantin de chiffon» que Pavel garde en lui : «De nouveau, je sentis en moi un frisson de lâcheté, la présence du «pantin de chiffon» qui me suggérait l’obéissance, l’effacement de toute parole imprudente, en fait le bannissement de tout ce qui nous rendait vivants.»

«Le pantin implanté dans nos cerveaux rendait chimérique toute idée d’améliorer l’humanité. Les grands médecins de l’âme espéraient extraire ce vibrion qui nous poussait à haïr, à mentir, à tuer…»

Sur la taïga : «Il y avait juste le silence ensoleillé de la rive que je longeais, la transparence lumineuse du ciel et le très léger tintement des feuilles qui, saisies par le gel, quittaient les branches et se posaient sur le givre du sol avec cette sonorité de cristal. Oui, juste la décantation suprême du silence et de la lumière. »

Bernadette

 

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 18:02

 

Le 28 avril 1789, le riche propriétaire de la manufacture royale de papiers peints réclame une baisse de salaire pour ses employés. Colère chez ces derniers déjà confrontés à des prix en hausse et tenaillés par la faim. Révoltés par cette nouvelle brimade, ils envahissent la « folie Titou », demeure de Réveillon et saccagent tout. Mais les soldats tirent, bilan 300 morts. C’est peut-être là le début de la Révolution. En effet, le 14 juillet, dès l’aube, le peuple de Paris et des provinces proches s’arme comme il peut et marche sur la Bastille. C’est le récit d’une longue marche, une plongée dans la foule des anonymes courageux, voire inconscients, une révolte contre toutes les injustices accumulées. J’ai aimé le récit vivant de cette journée épique qui redonne au peuple toute sa place.    

Danielle

 

A la lecture de ce livre passionnant, on comprend pourquoi Eric Vuillard décrit tellement bien la prise de la Bastille et la journée du 14 juillet 1789. Il est à la fois écrivain et cinéaste et a réussi une reconstitution très précise et nouvelle des événements qui ont marqué le début de la Révolution. Il donne même le nom des attaquants et fait revivre et mourir le peuple de Paris rassemblé pour la destruction de la Bastille, symbole du despotisme royal.

Claudine

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:54

Gabriel, -Gaby- vit au Burundi avec son père français, sa mère rwandaise et sa petite sœur Ana dans un confortable quartier d’expatriés. Il a ses copains avec lesquels il fait les 400 coups. Belle enfance douce. Mais peu après, ses parents se séparent, la guerre civile arrive, tout bascule. Un roman à la fois nostalgique d’un pays tranquille, fait de petits bonheurs et violent par les guerres, les drames des habitants qui tentent de survivre. J’ai beaucoup aimé ce 1er roman.                                                                   

Jackie

Roman très intéressant car il nous fait saisir et ressentir ce que peut être un massacre fratricide à visée génocidaire et comment on peut y survivre. L’écriture des premières pages m’avait enchantée, mais elle ne pouvait sans doute plus être aussi « heureuse » ensuite.                             

Pascale

Pour un 1er roman, c’est un coup de cœur ! Malgré la tristesse et la dureté des  situations au Burundi, le héros nous fait vivre avec beaucoup d’émotion, de rire et de larmes ce que fut son enfance en Afrique. Belle écriture pleine de poésie et de justesse lorsqu’il décrit les massacres. Mais pas de lamentation !

Jane

 

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la bascule d’un monde heureux où la quiétude d’une famille, d’une ville et d’un pays se transforme peu à peu en une vie de violence, de barbarie. Bien écrit.                                     

Mireille

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:47

Hiver 1959. Jérusalem-Shmuel Ash, étudiant en histoire et religion, décide d’abandonner ses études et son mémoire de maîtrise « Jésus dans la tradition juive » ; sa fiancée l’a quitté et son père en faillite ne peut plus l’entretenir. A la recherche d’un petit boulot, il repère une annonce et le voilà garçon de compagnie d’un ancien professeur d’histoire, Gershom Wald, cloîtré volontairement dans sa bibliothèque, occupant son temps en discussions politico-philosophiques. Il y rencontre aussi Atalia, belle- fille de Gershom et veuve de son fils Aïcha assassiné, rencontre qui le bouleverse et en même temps le conduit à une impasse. Plus que l’aspect romanesque, c’est le contenu historique de l’œuvre qui retient l’attention du lecteur : la création de l’état d’Israël, les tensions durables entre Israéliens et Palestiniens, les positions opposées des personnages et les discussions ou réflexions qui en découlent. Mais aussi la notion relative de « traître » avec l’exemple de Judas dont le baiser ne serait que la preuve de sa foi absolue en jésus, ou celui d’Abravanel, père d’Atalia, autre « Judas » qui n’a pas cessé de militer pour la création d’une seule communauté judéo-arabe. Un beau roman où l’auteur affirme une fois de plus ses convictions.

Daniellle                                                                              

 

Pour compléter la chronologie : nous sommes 11 ans après la création de l’état d’Israël et 8 ans avant la guerre des Six Jours. Ceux qui sont jugés traîtres à un moment crucial de l’Histoire deviennent parfois pour la postérité des hommes d’honneur, des visionnaires (ex. De Gaulle). Si les rêves de de fraternité d’Abravanel entre Juifs et Arabes avaient été entendus et réalisés, aucune guerre sanglante n’aurait eu lieu. Cet idéaliste était le seul à s’opposer au plan de partition des Nations Unies et à l’indépendance d’Israël : ce sont les idées de Ben Gourion qui ont triomphé, ne sont restés à Abravanel que le qualificatif de « traître » et l’opprobre. Roman passionnant qui fait réfléchir  sur les destins des hommes emportés par les vents houleux de l’Histoire. Les positions des personnages en 1959 prennent toute leur importance au vu de ce qui se passe aujourd’hui. Jérusalem, ville toujours présente en toile de fond, est un personnage à part entière. L’auteur lui-même, cofondateur du Mouvement « Shalom Akshav (= La Paix Maintenant) a été considéré comme un traître, pour avoir prôné la fondation d’un double état pour résoudre le conflit israélo-palestinien.     

Bernadette

                                                                                                                                

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:40

C’est  une histoire longue, qui commence avec une jeune femme dans une salle d’attente de l’hôpital Cochin et se termine dans le cabinet du même médecin quelques mois plus tard. Entre ces deux événements, la narratrice raconte sa vie, celle de son arrière-grand-père et de son harem, de ses sept oncles aux destins variés, de son père, qui ne vit que pour la politique, opposant au shah, puis à Khomeiny. Elle raconte la vie de sa mère tout entière vouée à la politique elle aussi, et dont le mari est le grand homme. Ensuite l’exil à Paris, dans ce pays adoré avant même de le connaître, dont elle parle la langue, dont elle aime les auteurs et qui les reçoit si mal. Ce pays qui ne connaît rien à l’Iran, confond parfois avec l’Irak, et n’a retenu que les ayatollahs et les femmes voilées. Le récit est riche, foisonnant, il n’est pas linéaire et un peu difficile au début, mais il aborde tant de sujets : la PMA, l’homosexualité, le drame de l’exil pour des populations instruites, le drame de ceux qui vouent leur vie à une opposition politique interdite dans leur pays et n’existent plus quand ils le quittent. L’auteur nous interpelle tout au long de ce livre, qu’on peut difficilement résumer. A travers les événements familiaux, réflexion sur les aléas de la vie, sur l’exil, sur l’Iran, sur la France.                                                         Anne-Marie

                                                                                                                                    

Excellent roman qui, sous couvert d’une histoire familiale tumultueuse, fait découvrir la proximité et les particularismes de la culture iranienne ; les douleurs de l’exil même si le pays choisi est le pays élu depuis toujours, dont on parle la langue et dont on connaît la littérature, et audacieusement les méandres de la PMA.    Pascale

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Published by CBPT 84 - dans Coups de coeur de l'Isle
6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 19:19

The Girls de Emma CLINE (Quai Voltaire)

Petit pays de Gaël FAYE (Grasset)

Les Mots entre les mains de Guinevere GLASFURD (Editions Préludes)

La Valse des arbres et du ciel de Jean-Michel GUENASSIA (Albin Michel)

Un travail comme un autre de Virginia REEVES (Stock)

Les Visages pâles de Solange Bied-Charreton (Stock)

Deux Remords de Claude Monet de Michel Bernard (La Table ronde)

L'Insouciance de Karine TUIL (Gallimard)

Les Règles d'usage de Joyce MAYNARD (Philippe Rey)

L'Enfant qui mesurait le monde de Metin ARDITI (Grasset)

Un enfant plein d'angoisse et très sage de Stéphane HOFFMANN (Albin Michel)

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Published by CBPT 84 - dans Listes CL
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