Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:43

Après son divorce, Martial Kermeur, employé à l’arsenal de Brest, connait une 2ème épreuve : son licenciement, comme bon nombre de ses collègues. Un coup dur à 50 ans, malgré l’indemnité de 400.000 francs (nous sommes dans les années 1990). Alors, quand arrive dans cette commune bretonne où rien ne semble jamais vouloir bouger Antoine Lazenec, promoteur immobilier, des projets plein les poches, l’espoir revient. De là à investir la prime de licenciement dans un appartement avec vue sur la rade et soleil couchant, il n’y a qu’un pas que franchit Kermeur comme malgré lui. C’est alors l’engrenage, Kermeur victime d’une belle arnaque et meurtrier au final. Tout le roman se déroule dans le bureau du juge chargé de l’affaire. Dans une sorte de long monologue, Kermeur déroule les événements, comprend maintenant comment ils se sont enchaînés et comment il a été manipulé par Lazenec. Langage simple et poignant pour traduire l’émotion du personnage, ses réflexions face à cet immense gâchis. Et la justice dans tout ça ? Au juge d’en décider, au lecteur sans doute. Un court roman passionnant.

Danielle

 

Livre qui m’a bouleversée, très actuel, juste dans sa vision du monde actuel. C’est mon coup de cœur.

Denise

 

Le narrateur s’adresse au lecteur dans un style familier, savoureux, métaphorique pour lui révéler son histoire et le faire juge sur des questions fondamentales : faire justice soi-même, n’est-ce pas parfois rendre service à la communauté en abattant un être totalement dépourvu de conscience et d’humanité ? La Justice peut-elle absoudre un meurtrier sans aucun procès dans des circonstances particulières ? A travers ce roman, l’auteur dénonce notre monde où règnent en maîtres les faux semblants, les mensonges, la cupidité, où les plus fragiles sont broyés par des forces maléfiques. Le héros de ce livre devient le porte-parole des sans-voix. Un très beau livre.

 

Bernadette, Bruna, Fabienne

 

Repost 0
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:38

Le père de l’auteur, homme érudit, farouche opposant politique, organisateur de la résistance à la dictature de Kadhafi, s’exile au Caire en 1979 (Hisham a 8 ans). En 1990, il est enlevé par les services secrets égyptiens et livré aux autorités libyennes. Sa femme et ses deux fils reçoivent quelques lettres envoyées clandestinement de sa prison, puis c’est le silence. Hisham et son frère mettent toute leur énergie pendant 20 ans à essayer d’obtenir des renseignements sur leur père, mais en vain. En 2011, le régime de Kadhafi est renversé, les détenus politiques libérés. Leur père n’est pas parmi eux ! Hisham revient alors en Libye poursuivre sa quête, contactant inlassablement ONG, ambassades, hommes politiques. Hélas, aucune trace de ce père tant aimé dont il ne peut pas faire le deuil. De retour à Londres, il commence en 2013 la rédaction de ce livre qui oscille constamment entre le présent et les passés, entre un lieu et un autre (Le Caire, Bengazi, Tripoli, Londres …). Ces déplacements dans le temps et l’espace, sans chronologie, symbolisent évidemment les errances d’un fils à la recherche de son père. C’est aussi l’histoire de son grand-père, 100 ans de l’Histoire de la Libye : la colonisation par l’Italie, les atrocités commises par Mussolini, les espoirs soulevés par l’arrivée de Kadhafi, sa sanglante dictature, sa chute, la liesse engendrée par le Printemps arabe, la déception qui s’ensuit … Très beau livre dense et précis par la richesse de l’écriture puissante et poétique, par les réflexions politiques et philosophiques, par l’éventail des sentiments exprimés. Un vibrant hommage rendu à ce père, si central à chaque page, et aussi à tous les résistants Libyens, innombrables victimes d’un régime dénué de toute humanité. J’ai vraiment beaucoup aimé ce récit très émouvant.

Bernadette

 

Quête du romancier pour retrouver son père, opposant à Kadhafi. Portrait des années de la dictature, des assassinats politiques, des emprisonnements. Beaucoup d’émotion.

Denise

 

Après être retourné en Libye pour la 1ère fois depuis 33 ans, l’auteur est rentré à Londres, incapable pendant 3 mois d’écrire un mot. Pour lui, la Libye a été trois fois maudite : sous la domination coloniale italienne, sous la dictature de Kadhafi et maintenant soumise aux puissances étrangères qu’attirent les réserves excessives de pétrole. Mais il reste optimiste devant le désir des jeunes hommes et femmes qui travaillent dur pour assumer un avenir meilleur.

Claudine

 

Repost 0
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:34

Avril 1789 : Frederich de Augustus et son fils Georges, âgé de 9 ans, arrivent à Paris, venant de Bruxelles. Georges, le fils, est un mulâtre né d’une mère polonaise. Il a appris le violon avec « Papa Haydn » lorsque son père était au service du Prince Estherazy. Paris, Londres, Vienne sont les étapes de l’enfant prodige. Dans ce récit, Georges sera confronté aux bouleversements politiques et sociaux, notamment la mise en cause de l’esclavage aux colonies et l’évolution de la condition des Noirs en Europe, de même que les transformations majeures que vit le monde des idées, de la musique et des sciences. Roman agréable à lire, bonne documentation. Les parcours de ce jeune garçon et de son père, joueur et flambeur est une suite de rencontres heureuses ou malheureuses qui vont forger le caractère de l’enfant.

 

Danielle

 

Très beau roman, très bien documenté.

 

Fabienne

 

Repost 0
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:26

Qu’est-ce que la famille aujourd’hui ? Jusqu’ici, la famille = filiation, transmission, engendrement, différence de sexes … Or, de nos jours, il faut ajouter une dimension horizontale à cette transmission verticale et prendre en compte la réalité des relations qui se créent par la recomposition des familles : beaux-parents, demi-frères et sœurs, enfants adoptés. Malheureusement, les institutions en sont restées à un modèle binaire : un père / une mère. De là surgissent les problèmes qui amènent les parents en consultation. Serge HEFEZ va leur apprendre à tisser leur histoire en prenant en compte la totalité de ce qui les unit et fait leur identité sans rejeter ou en occulter une partie. Loin de penser que « la famille est en crise », il croit à une nouvelle forme de famille plus ouverte où tous les schémas sont possibles, une famille fondée sur le dialogue et le partage, où chacun peut trouver sa place.

 

Essai très intéressant et accessible à tous. Serge HEFEZ, psychiatre et psychanalyste, responsable de l’unité psychiatrique à la Salpêtrière à Paris, est un thérapeute d’une large ouverture d’esprit, à l’écoute de ses patients. Il envisage la famille actuelle d’une manière optimiste.

 

Mireille

 

Dans notre période en mutation, la famille a évolué. Serge HEFEZ, par des exemples concrets, explique la fabrication des nouvelles familles élargies. Très intéressant.

 

Denise

Repost 0
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:16

En 1918, dans un hôpital militaire français, un jeune officier se réveille amnésique après avoir subi un violent choc dans les tranchées. Seule certitude : il parle français, allemand et russe. Les services secrets français voient en lui l’espion idéal. Ils vont l’utiliser en lui donnant l’identité d’un soldat allemand porté disparu et en l’infiltrant dans l’armée allemande. A travers les prenantes aventures de ce Charles alias Gustav, défile devant le lecteur la Grande Histoire. L’auteur dépeint parfaitement le climat délétère des années de l’après-guerre : le gouvernement français (Clémenceau) imposant par le traité de Versailles des conditions de paix inacceptables pour l’Allemagne qui, humiliée, ne va songer qu’à la revanche, la montée d’un nationalisme exacerbé, l’avènement du bolchevisme. La France, l’Allemagne sont à l’image de Charles : sans identité, sans repères, tentant de surnager dans un monde chaotique et violent. Un roman d’aventures et d’espionnage, très bien conduit, porté par une réflexion philosophique sur l’absurdité de la guerre, la violence des peuples, la bêtise humaine. Livre excellent !

Bernadette

 

Très bien !

Bruna

Repost 0
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:08

 

Hélène Merle-Béral, médecin, professeur d’hématologie et spécialiste des leucémies, s’est intéressée aux Prix Nobel et à ceux décernés aux femmes ; le résultat est navrant : depuis sa création en 1901, 46 femmes l’ont reçu contre 814 hommes, soit un peu plus de 5% ! Le fossé s’accentue dans les disciplines scientifiques, puisque sur 583 nobélisés, il n’y a que 17 femmes, soit un peu moins de 3% !! La plus connue et la 1ère est Marie Curie, qui en a reçu deux, un de physique, puis un de chimie. Hélène Merle-Béral nous raconte la vie de ces femmes exceptionnelles qui ont en commun une curiosité intellectuelle incroyable. Elles ont dû faire face à la grande misogynie du milieu scientifique et ont souvent travaillé pour un maigre salaire, voire bénévolement. L’auteure explique les travaux qui ont mené au Prix Nobel.        Laurence

L'auteure de ces témoignages scientifiques a été frappée par cette injustice qui, au début du 20ème siècle, confinait les femmes à la maison, à l’ombre des hommes. On leur interdisait même de travailler dans le même laboratoire que leur mari, sinon en position subalterne ou sans recevoir de salaire. Et pourtant, Marie Curie a découvert la radioactivité avec son mari et la radiographie qui a permis de mieux opérer les blessés de la guerre de 14. Françoise Barré Sinoussi a réussi à identifier le virus du sida avec Luc Montagnier. Youyou-Tu a trouvé le traitement du paludisme … Hélène Merle-Béral raconte avec émotion la vie personnelle et professionnelle de ces héroïnes remarquables et s’attache à nous les faire connaître. Des enquêtes pas toujours faciles à suivre, mais très intéressantes.      Claudine

Ces histoires de femmes passionnées devraient intéresser toutes les féministes … La partie « sciences » parfois trop détaillée peut se lire en diagonale.   Anne-Marie

 

Repost 0
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:01

Dans la Silicon Valley, un inspecteur bourru, partisan des anciennes méthodes, Frank Logan, est chargé de retrouver un programme d’intelligence artificielle qui a disparu d’une salle hermétiquement close et isolée. Ce programme, ADA, a été conçu au sein de la société Turing Corp, dirigée par un jeune entrepreneur qui ne rêve que d’argent et de pouvoir et par un scientifique qui prône le développement des I.A. pour remplacer l’homme dans toutes les tâches possibles en maximisant les profits de l’entreprise. Chargée d’écrire un roman sentimental « à l’eau de rose » qui doit se vendre à au moins 100 000 exemplaires, ADA s’acquitte rapidement de sa tâche et se fixe un autre objectif … Les contacts entre Frank Logan et ADA donnent lieu à un échange de vues sur notre société, sur les relations du couple (Frank est marié à une Française, professeur de Lettres) … Original, bien écrit et accessible à tous, ce roman met en lumière les dangers des développements actuels de l’Intelligence Artificielle et des recherches actuellement menées par des sociétés phares des USA qui ne semblent avoir comme objectif que de maximiser les profits de leurs dirigeants sans se soucier des retombées économiques, sociales, ou tout simplement humaines.

Jean-Marc

 

Deux pistes de réflexion dans ce très bon livre :

- l’Intelligence Artificielle, à nos portes, avec le trans humanisme dont on parle beaucoup qui pourrait menacer l’espèce humaine. C’est effrayant !

- la création littéraire. Quel est le rôle de l’écrivain ? Doit-il réveiller les consciences, ou, au contraire, les endormir ? Violente critique des romans à « l’eau de rose » ! De plus, un humour corrosif qui m’a ravie ! Pour un large public : certes pour ceux qui sont intéressés par les nanotechnologies, mais aussi pour les amateurs de thriller et d’humour.

Bernadette

 

J'ai bien aimé le début de ce livre que je compte bien finir.

Mireille

 

Au cours du roman, l’Intelligence Artificielle prend les commandes, l’occasion de s’interroger sur le pouvoir des nouvelles technologies. Livre agréable, un thème nouveau, roman mené comme une enquête policière.

Madeleine

 

Livre original, très intéressant.

Bruna

 

Repost 0
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 15:34

Selon la tradition tsigane, on ne doit pas laisser de traces. Or, Alexandre ROMANES dans ce livre parsème son récit de petits cailloux qui nous entraînent dans le labyrinthe de sa vie. Il nous fait comprendre son besoin de ne pas oublier d’où il vient, ne pas oublier les rencontres qui ont créé des liens indestructibles et l’ont fait avancer dans ses choix. Ecriture simple, chapitres courts mais intenses, j’ai bien aimé son originalité et sa « vérité » … « Je suis sûr que les mots ont plus de force que la musique ».

Jane

 

Bon témoignage sur les gitans.

Denise

 

Emotion, sensibilité et poésie dans ces anecdotes qui évoquent la vie de l’auteur, le monde du cirque et des tziganes. J’ai bien aimé.

Fabienne

Repost 0
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 18:27

L’Archipel d’une autre vie                 Andréï MAKINE

Aux confins de la Sibérie, le narrateur se souvient : jeune homme, il fit la connaissance de Pavel, un homme hors du commun, qui lui raconta une bien étrange aventure.

En 1952, Pavel, jeune soldat réserviste, est chargé, avec quatre autres militaires, de capturer un prisonnier qui s’est échappé d’un camp de rééducation stalinien. Mais ce qui ne devait être qu’une mission ordinaire, devient une expédition périlleuse, semée de multiples embûches. Qui est donc ce fugitif  mystérieux, aux mille ruses, insaisissable, qui joue avec les nerfs de ses poursuivants ? L’existence de Pavel sera bouleversée par son identité.

Cette chasse à l’homme à travers la taïga prend une dimension philosophique : elle sert de prétexte pour nous faire réfléchir sur le sens de la vie, sur les notions de Bien et de Mal, sur la nature de l’homme.  Pavel acquis à l’idéologie communiste, peu à peu va se dépouiller de «ce pantin de chiffon» qui lui instille la peur, la lâcheté, l’obéissance aveugle, l’égoïsme, «le poussant à haïr, à mentir, à tuer». Il constate amèrement que l’homme «cet alliage bestial et tribal» veut sans cesse jouer un rôle dans «la bouffonnerie du monde». La véritable personnalité de ses compagnons se révèle aussi lors de cette poursuite infernale. L’auteur excelle à fouiller l’âme humaine.

Pourtant, l’espoir d’un monde meilleur, bienveillant et juste, persiste en Pavel : il doit exister un «archipel» où « une autre vie » devient possible (cf. «La Possibilité d’une île» de Houellebecq). 

C’est aussi une peinture au vitriol de l’ère stalinienne, «une époque atroce et imprévisible ».

Il ne faut pas oublier l’immensité magnifique, effrayante, mythique, de la taïga qui joue un rôle essentiel dans le récit.

Un roman d’aventures, aux accents épiques, à l’écriture élégante et puissante, infiniment maîtrisée, dont la tension va crescendo, qui nous tient en haleine jusqu’au bout. 

A la lecture de ce livre, on ne peut évidemment pas s’empêcher de penser à nos temps troublés. Un livre rempli d’humanité que j’ai beaucoup aimé. 

Voici des extraits qui illustrent mon analyse :

 Sur «le pantin de chiffon» que Pavel garde en lui : «De nouveau, je sentis en moi un frisson de lâcheté, la présence du «pantin de chiffon» qui me suggérait l’obéissance, l’effacement de toute parole imprudente, en fait le bannissement de tout ce qui nous rendait vivants.»

«Le pantin implanté dans nos cerveaux rendait chimérique toute idée d’améliorer l’humanité. Les grands médecins de l’âme espéraient extraire ce vibrion qui nous poussait à haïr, à mentir, à tuer…»

Sur la taïga : «Il y avait juste le silence ensoleillé de la rive que je longeais, la transparence lumineuse du ciel et le très léger tintement des feuilles qui, saisies par le gel, quittaient les branches et se posaient sur le givre du sol avec cette sonorité de cristal. Oui, juste la décantation suprême du silence et de la lumière. »

Bernadette

 

 

Repost 0
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 18:02

 

Le 28 avril 1789, le riche propriétaire de la manufacture royale de papiers peints réclame une baisse de salaire pour ses employés. Colère chez ces derniers déjà confrontés à des prix en hausse et tenaillés par la faim. Révoltés par cette nouvelle brimade, ils envahissent la « folie Titou », demeure de Réveillon et saccagent tout. Mais les soldats tirent, bilan 300 morts. C’est peut-être là le début de la Révolution. En effet, le 14 juillet, dès l’aube, le peuple de Paris et des provinces proches s’arme comme il peut et marche sur la Bastille. C’est le récit d’une longue marche, une plongée dans la foule des anonymes courageux, voire inconscients, une révolte contre toutes les injustices accumulées. J’ai aimé le récit vivant de cette journée épique qui redonne au peuple toute sa place.    

Danielle

 

A la lecture de ce livre passionnant, on comprend pourquoi Eric Vuillard décrit tellement bien la prise de la Bastille et la journée du 14 juillet 1789. Il est à la fois écrivain et cinéaste et a réussi une reconstitution très précise et nouvelle des événements qui ont marqué le début de la Révolution. Il donne même le nom des attaquants et fait revivre et mourir le peuple de Paris rassemblé pour la destruction de la Bastille, symbole du despotisme royal.

Claudine

 

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de cbpt84
  • Le blog de cbpt84
  • : Vous trouverez tous les infos utiles concernant l'actualité littéraire, la vie de notre association départementale, les liens vers les notes bibliographiques, vers l'UN
  • Contact

Pour accéder aux principales catégories, cliquez sur les liens suivants :

Actualité littéraire :          adulte jeunessecoup de coeur l'Isle  bouton bleu CD

Centre Départemental :    INFO CD LISTE CL

 Prix  :                                        PRIX CBPT prix livrentête

                                                      UNCBPT

Pages